Qu'avons-nous fait alors? Nous ne sommes pas restés assis, ne nous sommes pas suicidés comme Tenco, n'avons pas renoncé à la lune ou à l'immortalité, n'avons pas fui dans les rêves d'un monde différent, mais ce monde nouveau nous avons commencé à le construire ici, quelque chose de fou peut-être, mais de ce monde.

 

J'étais assez sceptique, face à certains mythes. Orwell, Koestler, Sartre et notre Silone m'avaient suffisamment vacciné. Mais le ver du manichéisme habite toujours notre cœur et non seulement notre cerveau.

 

Les premiers discours et les premières homélies de Pape François m'ont profondément touché.

 

“Garder vivante la mémoire de ce qui s'est passé est une exigence non seulement historique, mais morale. Il ne faut pas oublier ! Il n'y a pas d'avenir sans mémoire.

  

À partir d'aujourd'hui votre responsabilité est immense. Votre tâche dépasse vos possibilités humaines. Seuls, vous êtes destinés à l'échec.

 

Votre fidélité à l'Évangile et à l'Église, en communion obéissante et sincère avec notre Évêque bien aimé, ne pourra pas vous soustraire, au contraire vous obligera à parler sincèrement dans l'Église de tout ce que vous croirez bon parler.

 

Mes bien-aimés, au moment de la séparation après deux ans vécus ensemble dans l'échange sincère et passionné de nos nécessités, nos espoirs, nos angoisses, nos déceptions, nos illusions, nos pensées, nos actions;

 

Homélie de la Première Messe célébrée par don Emilio Grasso le 1er novembre 1966 à Rome dans l'église de San Saturnino où, à la veille, il avait été ordonné prêtre.